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Pourquoi j’ai choisi de devenir éleveuse

Dernière mise à jour : 14 mars

Avec l’essor des réseaux sociaux, absolument tout peut aujourd’hui devenir sujet à débat. Un fait divers dans une ville peut provoquer des centaines de commentaires, des réactions parfois très tranchées, et des polémiques qui dépassent largement le sujet initial.


Le monde du chien n’échappe évidemment pas à ce phénomène.


Dans le milieu de l’élevage, il suffit parfois de publier une simple photo d’une portée de chiots avec leur mère pour voir apparaître très rapidement les mêmes critiques. Les "défenseurs" des animaux interviennent, souvent animés par une conviction sincère. Et parmi les remarques qui reviennent le plus fréquemment, il y a cette phrase :


« Pauvres chiennes, les éleveurs se font de l’argent sur leur dos alors qu’il y a tant de chiens malheureux à adopter dans les refuges. »


Je ne me fais aucune illusion : un texte publié sur internet ne fera probablement pas changer d’avis les personnes fortement opposées à l’élevage. Et ce n’est d’ailleurs pas mon objectif.


Mais j’ai souhaité prendre le temps d’expliquer pourquoi, pour ma part, j’ai choisi de devenir éleveuse. Non pas comme une vérité absolue, mais simplement comme le point de vue d’une personne qui a construit sa vie autour des animaux et qui s’efforce de travailler avec passion, responsabilité et respect.


Une passion née très tôt


Ma relation aux chiens remonte à l’enfance.

Mon premier chien est arrivé dans ma vie alors que j’avais environ trois ans. Par la suite, mes parents ont toujours eu des chiens à la maison. Les animaux ont donc toujours fait partie de mon quotidien.


En parallèle, j’ai développé très tôt une grande passion pour les chevaux. De manière générale, j’ai toujours été profondément attirée par le monde animal et par les liens si particuliers qui peuvent se créer avec les humains. Cette passion m’a d’ailleurs conduite, pendant plusieurs années, à élever également des poneys Connemara.


Les chiens que nous avions provenaient d’éleveurs. Ces rencontres m’ont beaucoup marquée, même très jeune. Je me souviens de ces personnes passionnées qui connaissaient leurs lignées et leurs chiens par coeur, et qui parlaient de leur travail avec une véritable implication.


Je pense que c’est souvent ainsi que naissent les vocations. On rencontre des personnes qui aiment intensément ce qu’elles font, et cette passion devient contagieuse.


Une fascination pour le vivant


Pendant longtemps, j’ai envisagé de devenir vétérinaire. Mais étant plutôt littéraire, cette voie ne correspondait pas totalement à mes aptitudes scolaires.


J’ai néanmoins travaillé comme assistante vétérinaire pendant une dizaine d’années, ce qui m’a permis d’apprendre énormément sur les animaux, leur santé et leur comportement.


Mais au fond de moi, il restait toujours cette idée : faire naître et élever des chiens.


Comprendre les mécanismes du vivant m’a toujours passionnée. La gestation, la naissance, le développement des bébés… tout ce processus me fascine depuis toujours. Je dis parfois avec humour que si le métier de sage-femme animale existait officiellement, il aurait probablement été fait pour moi.


Pourquoi le Golden Retriever


Lorsque j’ai enfin eu la possibilité d’avoir à nouveau un chien, une fois installée chez moi, mon choix s’est naturellement porté vers le Golden Retriever. Durant mon enfance, j’ai connu plusieurs races, mais le Golden est celle qui m’a le plus marquée.


C’est un chien qui correspond totalement à ma personnalité. Je suis quelqu’un de très anxieuse de nature, mais j’aime la vie, l’humour et les personnes positives! Le Golden possède ce mélange particulier : il est à la fois apaisant et joyeux.


C’est un chien qui a la capacité de mettre de bonne humeur, tout en étant extrêmement rassurant et proche de son humain. Je trouve qu’il possède une forme de douceur dans l’âme qui permet de créer un lien très fort avec lui.


Quand on a ressenti cela avec une race de chien, on a naturellement envie de le revivre.


Aimer une race précise


Choisir d'accueillir un chien d'une race précise, issu d'un élevage, ne signifie pas être opposé à l'adoption. Je suis évidemment favorable à l’adoption en refuge. Beaucoup de chiens formidables y attendent une famille.


Mais les races de chiens ont une histoire. Elles ont été sélectionnées au fil des générations pour des fonctions précises. Cette sélection a façonné leurs caractéristiques physiques, mais aussi leurs tempéraments.


Certaines races correspondent davantage à certaines personnalités ou à certains modes de vie. Lorsqu’une personne se reconnaît dans une race, il est naturel qu’elle ait envie de vivre entourée de ces chiens et de préserver leurs qualités.


L’élevage comme démarche de sélection


Pour moi, l’élevage ne consiste pas simplement à produire des chiots. C’est un travail de réflexion et de sélection.


Un éleveur étudie les lignées, observe les caractères, s’intéresse à la santé, aux pedigrees et aux origines. Il apprend sans cesse et cherche à comprendre ce qui doit être préservé et ce qui peut être amélioré.


L’objectif est de faire naître des chiens équilibrés, en bonne santé, capables de rendre à leur tour une famille heureuse. Parce qu’au fond, ce que l’éleveur cherche à transmettre, c’est le bonheur qu'il a lui-même connu avec ses chiens.


Une réalité biologique souvent mal comprise


La reproduction chez l’animal est également quelque chose de pleinement naturel. Une chienne peut bien sûr vivre parfaitement heureuse sans avoir de portée. Cela ne fait aucun doute.


Mais il ne faut pas oublier que les cycles reproducteurs existent pour assurer la survie de l’espèce. Sans l’intervention humaine, beaucoup de chiennes auraient naturellement des portées. Cela ne signifie pas qu’elles doivent absolument en avoir, mais rappelle simplement que la reproduction est un mécanisme biologique fondamental chez les mammifères.


Une activité beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît


La reproduction canine est souvent perçue comme quelque chose de simple. En réalité, il s’agit d’un domaine extrêmement complexe.


Choisir un mariage, comprendre la génétique, suivre une gestation, assister une mise bas, gérer une portée, assurer la socialisation des chiots et accompagner les familles… tout cela demande des connaissances solides et de l'expérience. Plus on approfondit ces sujets, plus on mesure la complexité de ce travail.


Dans les faits, travailler avec du vivant signifie aussi accepter une part d’imprévu permanente. Une gestation peut réserver des surprises, une mise bas peut devenir stressante, un chiot peut nécessiter des soins particuliers, un chien peut tomber malade. Les inquiétudes font partie du quotidien.


On parle souvent des naissances et des moments heureux, mais on parle beaucoup moins des nuits sans sommeil, des moments d’angoisse ou des décisions difficiles qu’il faut parfois prendre pour le bien d’un animal.

Quand on choisit de travailler avec des animaux, on accepte aussi cette responsabilité permanente. Et il faut être honnête : dans une année d’élevage, les jours totalement sans stress sont finalement assez rares.


Mais c’est aussi ce qui donne toute sa valeur à ce métier. Parce que chaque naissance réussie, chaque chien qui vit en bonne santé à nos côtés, chaque famille heureuse donne le sentiment que tout cela en valait la peine.


La réalité économique des petits élevages


La question financière est aussi souvent abordée de manière très simplifiée. Dans les petits élevages, la réalité est bien différente de l’image parfois véhiculée.


Nourrir un cheptel, assurer les soins vétérinaires, financer les tests de santé, les infrastructures, le matériel et les différentes charges administratives représentent des coûts importants.

À cela s’ajoute le fait que les chiens restent pour la plupart à l’élevage toute leur vie, y compris lorsqu’ils vieillissent et nécessitent davantage de soins.


Le calcul simpliste qui consiste à multiplier le prix d’un chiot par le nombre de chiots d’une portée ne correspond absolument pas à la réalité économique de cette activité.


Dans la majorité des petits élevages, les portées permettent surtout de financer l’entretien des chiens et de continuer à vivre cette passion dévorante.


L’engagement d’un éleveur


Dans un élevage sérieux, les chiens occupent une place centrale dans la vie de l’éleveur. Leur bien-être, leur santé et leur suivi passent avant tout le reste.


C’est un engagement quotidien, souvent exigeant, qui dépasse largement la simple naissance de chiots.


Élevage et refuges : deux réalités différentes


Le travail des refuges est essentiel et admirable. Mais il est important de distinguer différentes réalités.


Les chiens issus d’élevages sérieux se retrouvent rarement en refuge, car un éleveur responsable reprend généralement ses chiens lorsqu’une famille ne peut plus les garder.

En revanche, la reproduction non encadrée chez des particuliers contribue malheureusement beaucoup plus fréquemment aux abandons.


Comprendre avant de juger


Les réseaux sociaux favorisent souvent des jugements rapides.

Pourtant, derrière chaque activité existent des réalités complexes qu’il peut être utile de comprendre avant de se prononcer.


Je sais que ce texte ne convaincra pas les opposants les plus radicaux à l’élevage, mais s’il permet à certains lecteurs de mieux comprendre pourquoi des personnes choisissent de consacrer leur vie à leurs chiens et à leur race de coeur, alors il aura atteint son objectif.


Parce qu’au-delà des débats, une chose reste certaine : ceux qui vivent réellement avec leurs animaux savent la place immense qu’ils occupent dans leur vie. Pour beaucoup d’entre nous, l’élevage n’est pas simplement un métier, ni même une passion : c’est un véritable mode de vie.

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